Rêveries d’un blogueur ordinaire…

Des amants déroutent…

J’me souviens plus dans quelles circonstances j’ai rencontré Hervé et Nadia. Probablement dans ce rade miteux où se mélangeaient les poivrots du quartier et les jeunes fauchés.

Hervé et Nadia viennent de se bouffer le museau pendant un quart d’heure. Elle lui reproche d’être un mauvais coup, lui, la traite de gagneuse de caniveau et lui colle un soufflet. Je me lève et empêche le gazier de mettre une autre trempe à son ex (elle vient de le plaquer comme un vieux calebute tout merdeux). Après avoir passé ses nerfs sur quelques poteaux alentours, Hervé revient et s’assied à ma table pour s’excuser. Nadia nous rejoint. On passe quelques heures à se rincer la dalle dans ce bouge crasseux, puis on se retrouve chez la minette fraichement célibataire. Spliffs, chillums et autres bangs tournent sur fond de reggae . Après s’être mis la calebasse à l’envers, Hervé décarre vers 22 plombes. Je t’épargne la neuille pour en arriver à la matinée.

10 du mat’, on toque à la lourde. Nadia ouvre et 4 têtards pifant encore le Biactol s’invitent. Le seul crêteux, c’est Spiner, un keupon de 16 plates qu’a fugué de chez son grand-dabe depuis une pige. Hier, ce mioche s’est fait arranger la façade par un bouseux du bled.

Là-dessus arrive Hervé, jalmince comme c’est pas permis que j’me sois amusé toute la nuit avec son ex.

Spiner me reluque comme si j’étais j’lui avais barbotté ses Docs.

-C’est toi qui m’as latté la tronche avec tes potes, hier soir !

-Pas possible ! J’ai passé la soirée ici.

J’sais pas ce qui se passe dans la tirelire de Nadia, mais elle a vrillé et commence à monter une cabane à la troupe, comme quoi que j’serais peut-être sorti quand elle a tapé des châsses vers minuit.

-J’te reconnais, avec ta coupe de naze et ta natte jusque dans le dos !!! C’est bien toi qui m’as mis une rouste avec ta soce. Bouge pas, je vais chercher l’artillerie. Nadia, tu me le gardes au frais !

Spiner et Hervé se barrent. Nadia et les 3 larbins du punk en herbe m’empêchent de décaniller. Faut dire qu’à 4 contre 1, j’faisais pas le mariole.

Les deux apprentis terreurs ramènent enfin leurs bobêches de broyeurs de cirage. Spiner a dans les pognes un tube que le légitime de sa vieille se sert pour le safari, chargé des bastos longues comme mon index.

Pendant deux plombes, ça se la joue Scarface pis, comme chuis aussi causant que Bernardo, les 3 autres demi-sels qui se barbaient, ont pris la tangente. Reste plus que le « cocu post-rupture », le punkotille et la saladeuse.

Dans la journée, la frangine de Nadia, qu’a assisté au baston où c’est que Spiner a pris une peignée, se pointe et dégoise que chuis pas le pégu qu’ a collé une danse au morveux.

Tu crois que ça a empêché la morue et les deux nazes de continuer à jouer les caïds et de vouloir me faire bouloter mon acte de naissance ? Que pouic ! Je te passe les détails de la suite (ça renifle trop la mouscaille fachelarde). J’te bonnis juste que j’ai deux solutions : soit j’aligne les châtaignes, au risque d’en dessouder un ou deux de ce trio de lopes, tellement j’ai la rage ; soit je prends sur moi, je reste zen et laisse pisser, pour voir où ça va mener.

Comme ils ont attaqué l’apéro vers 16 heures, commencent à être bien torchés, les Tony Montana de supérette ! J’aurais pu mettre les bouts, mais la gisquette a bouclé la guimbarde et collé la clé dans sa fouille. Me voilà enflaqué ! Je sens que cette journée va s’étirer jusque tard dans la noire, vu que j’ai un soufflant constamment braqué sur ma pomme.

La sorgue pointant le bout de son blair, tout le monde commence à avoir les crocs. J’te graillerais bien un canasson, sa selle et son cow-boy.

Je propose donc à mes « hôtes » de préparer un bout de chien avant de mettre la barbaque dans le torcif. Les pieds nickelés acquiescent. Je filoche préparer la becquetance.

Retour au salon avec mon plat de spaghettis sauce mézigue (oignons confits dans le miel, vinaigre, lardons, crème et un mélange de fin de clacos régionaux). Nos deux couillus sont pleins comme des outres. Faut dire que les mélanges sont pas ce qu’il y a de mieux pour se camphrer en douceur. Surtout que par-dessus le carburant, nos zéros de la ZUP ont claqué quelques douilles et boulotté du cacheton.

J’ai une dalle du tonnerre ! J’en profite que la troupe soit dans les vapes pour m’enquiller la moitié de la tortore. Spiner et Hervé ronquent comme des sonneurs, le tarbouif dans l’assiette et Nadia est partie se pager sans becqueter.

Tout-à-coup, le keupon se lève, se fait un fix de whisky avec une seringue à insuline (chourée la veille à la pharmacie avec 3 boîtes de Mercalm), va se vautrer dans le sofa et tarde pas à rejoindre ce bon vieux Morphée. J’attends un peu que tout ce beau monde soit comateux et discrètement, j’attrape le rifle, file aux gogues pour coincer le canon dans la cuvette et le tordre jusqu’à le rendre inutilisable.

Le jacquet n’allant pas tarder à montrer son potron, je récupère la crochette de la turne et je trisse à dache de cette canfouine de cintrés !

Aujourd’hui, quand je repense à ces empaillés, j’ai le raisiné qui commence à bouillir et ça me colle une furieuse envie, 35 piges plus tard, de remettre tout ça dans le bon ordre et de leur coller mes poings sur leurs « i » de soiffards biberonnés au râpeux !

Voilà, voilà …

Sylvain SAÏD © 2021« La sulfateuse bien huilée (chroniques d’un bourlinblogueur ordinaire) »

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